Chaque année, le Musée national de l’Automobile – Collection Schlumpf présente ses véhicules les plus emblématiques au salon Top Marques Monaco, offrant ainsi un aperçu unique de l’histoire de l’automobile. De la légendaire Bugatti Royale aux innovations révolutionnaires telles que la Citroën Traction Avant, ce musée exceptionnel ne se contente pas de préserver le passé, il inspire également l’avenir de la mobilité.
Avec plus de 20 000 mètres carrés d’espace d’exposition et un engagement en faveur de l’éducation et de la restauration, il s’impose comme une référence mondiale tant pour les passionnés d’automobile que pour les visionnaires. Dans le cadre de sa mission visant à partager son patrimoine exceptionnel avec le monde entier, le musée participe à des événements prestigieux tels que Top Marques Monaco, où il présente une sélection triée sur le volet de ses véhicules les plus emblématiques. Cette présentation annuelle permet au musée de toucher un public international composé de passionnés d’automobile, de collectionneurs et de visionnaires, offrant ainsi une occasion rare de découvrir le savoir-faire artistique et l’innovation qui ont façonné l’univers automobile.
Préserver le passé pour façonner l’avenir
Dans un monde où l’industrie automobile connaît une profonde transformation — marquée par l’électrification, la numérisation et les nouvelles solutions de mobilité —, l’histoire de l’automobile n’a jamais été aussi essentielle. Pour comprendre les innovations d’aujourd’hui, il faut avoir une connaissance approfondie des avancées d’hier. Le Musée national de l’Automobile de Mulhouse se consacre à la préservation, à l’étude et à la diffusion d’un patrimoine mécanique exceptionnel qui couvre près d’un siècle et demi d’innovation industrielle et humaine. À travers ses expositions, ses ateliers de restauration et ses collaborations internationales, le musée veille à ce que l’héritage de l’automobile continue d’inspirer les générations futures.
Un musée d’importance mondiale
Ce musée unique en son genre retrace l’évolution de l’industrie automobile à travers l’une des plus importantes collections existantes. Créé à l’origine autour de l’extraordinaire collection rassemblée par les frères Schlumpf, il n’a cessé de s’enrichir au fil des décennies. Dès la création du musée, 426 véhicules ont été classés « monuments historiques » – une distinction rare pour des objets industriels, qui souligne leur valeur culturelle et historique. En 2002, le musée s’est vu attribuer le prestigieux label « Musée de France », garantissant ainsi le statut inaliénable de la collection et sa place durable au sein du patrimoine national.
Transmettre les connaissances et les compétences
Au-delà de la conservation, le musée est devenu un véritable pôle de transmission du savoir. Il s’est associé à la Chambre des métiers d’Alsace pour proposer une formation menant au Certificat de qualification professionnelle en mécanique des véhicules anciens et historiques. Les apprentis ont ainsi l’occasion unique de travailler directement sur des véhicules patrimoniaux dans les ateliers du musée, sous la houlette d’experts en restauration. Cette approche pratique garantit la transmission de savoir-faire techniques rares et perpétue les métiers indispensables à la préservation du patrimoine automobile.
Un voyage à travers l’histoire de l’automobile
Au cœur du musée, l’espace « Aventure », éclairé par près de 800 lampadaires identiques à ceux du pont Alexandre III à Paris, propose un voyage époustouflant à travers l’histoire de l’automobile. Sur plus de 17 000 mètres carrés, les véhicules sont présentés par ordre chronologique, permettant ainsi aux visiteurs de retracer l’évolution technologique et stylistique de l’automobile.
Les « Ancêtres » (1878-1918)
Le parcours commence par la section « Les ancêtres », qui couvre la période allant de 1878 à 1918. Les visiteurs peuvent y découvrir les pionniers de la mobilité motorisée : Antoinette, Panhard, Peugeot, De Dion et Benz. C’est à cette époque que l’ingénieur René Panhard a mis au point une architecture mécanique – moteur à l’avant, embrayage, boîte de vitesses et traction arrière – qui est devenue la norme pendant des décennies et reste le fondement de nombreux véhicules modernes.
Les « Classiques » (1918-1938)
La période dite des « classiques » marque l’âge d’or de l’industrie automobile européenne. La fusion entre Mercedes et Benz a donné naissance à un constructeur emblématique et a inauguré une ère de voitures prestigieuses et performantes. Cette période a également vu l’émergence d’innovations techniques majeures. En 1934, Citroën a révolutionné le secteur avec la production en série de la traction avant, une technologie qui reste largement utilisée aujourd’hui. Parallèlement, l’ouverture des usines Peugeot de Sochaux a symbolisé l’essor de la production à l’échelle industrielle.
L’ère « moderne » (après 1945)
Après 1945, l’automobile est entrée dans l’ère « moderne ». Dans un contexte de reconstruction et de transformation sociale, les constructeurs se sont attachés à produire des véhicules plus légers, plus économiques et accessibles à un public plus large. La mise en œuvre des méthodes de production tayloristes a démocratisé l’automobile, en faisant un objet du quotidien.
À la gloire de la performance et du prestige
Si l’histoire de l’automobile est avant tout celle de la mobilité, elle est aussi celle de la performance et des rêves. La section consacrée au sport automobile du musée en offre une illustration spectaculaire, avec des modèles légendaires tels que la Panhard-Levassor Biplace Course de 1908, la Mercedes W125 de 1937, la Maserati 250F de 1957 et la Lotus Type 33 de 1963.
Parmi ces bolides d’exception, une voiture se démarque : la Bugatti Type 32 de 1923. Conçue par Ettore Bugatti, elle présentait une aérodynamique révolutionnaire pour l’époque. Surnommée « Tank », c’est la seule voiture encore existante du Grand Prix de Tours de 1923 et elle conserve toujours son moteur d’origine.
À proximité, l’espace « Masterpieces » rend hommage aux automobiles les plus prestigieuses de l’histoire. Des modèles d’exception tels que la Panhard-Levassor X26, la Delahaye Type 135 de 1949 et la Rolls-Royce Silver Ghost de 1924 témoignent du raffinement et du savoir-faire des grandes maisons automobiles. Au cœur de cet espace se trouvent les légendaires Bugatti Royales, notamment la célèbre Bugatti Royale Type 41 Coupé Napoléon de 1930, qui appartint autrefois à Ettore Bugatti lui-même.
La restauration : un mélange d’art et de science
La conservation d’une collection de cette envergure nécessite un savoir-faire exceptionnel. Le musée dispose de son propre atelier de restauration, dirigé par Brice Chalançon, ingénieur et restaurateur du patrimoine, secondé par deux mécaniciens spécialisés, Bertrand Heck et Timothé Quinet. Au fil des ans, cette équipe a développé une expertise scientifique et technique reconnue à l’échelle internationale.
Les travaux de restauration peuvent aller de la simple stabilisation des matériaux (métaux, cuir ou textiles) au démontage complet d’un véhicule en vue d’une restauration intégrale, allant parfois jusqu’à sa remise en état de marche. Certaines interventions permettent aux visiteurs d’admirer la précision et le dévouement requis par ces métiers d’exception.
Ce travail est mené avec une rigueur scientifique et dans le respect des normes éthiques des musées français. L’atelier collabore avec de nombreux partenaires, notamment l’Université de Haute-Alsace, l’Institut du patrimoine national, la Haute École ARC de Neuchâtel et le Centre de recherche et de restauration des musées français. Des entreprises mécènes telles que Motul contribuent également à ces projets de conservation.
Une innovation ancrée dans l’histoire
Alors que l’industrie automobile se prépare à une nouvelle révolution technologique, les collections du musée nous rappellent un principe essentiel : l’innovation s’inscrit dans la continuité historique. Chaque avancée contemporaine – qu’elle concerne l’aérodynamique, la conception mécanique ou l’efficacité énergétique – trouve son origine dans les expériences menées par les premiers pionniers.
En mettant en lumière ces étapes historiques, le Musée national de l’automobile ne se contente pas de préserver un patrimoine. Il stimule l’imagination des ingénieurs, des designers et des passionnés qui façonnent les automobiles de demain. C’est cette histoire que le musée s’efforce de faire revivre, en nous rappelant que l’avenir de l’automobile repose toujours sur son passé.

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